dimanche 16 novembre 2008

Les occasions d'écrire...

Décidément, je ne tiens pas mes promesses, excusez-moi! J'ai, en un mois, eu quelques occasions d'écrire. J'ai construit le plan de cours parfait, du cours de français idéal que je voudrais donner un jour. J'ai pensé l'écrire... qu'ai-je fais? des lectures, beaucoup de lectures, et beaucoup de séries regardées avec Jo. (J'ai découvert entre autres Heroes et Gilmore Girls! Jo n'est pas teelleeement responsable de l'écoute de Gimore Girls, c'est moi qui trippe sur la p'tite toune quétaine...) J'ai également donné une heure de cours sur l'analyse des bande-dessinées... Ça, c'était cool! J'ai enseigné tous les éléments de base à analyser sur une planche de b.d., et j'ai présenté des exemples tirés de Achtung! Zelig, de Maus, du Combat ordinaire, et de L'Origine. Je crois que les étudiants ont beaucoup aimé. Pourquoi, là encore, ne pas être venue écrire? Lectures, préparation de mes cours, temps passé avec Jo (ça c'est le plus agréable!)... J'ai fais la visite du Centre Commémoratif de l'Holocauste à Montréal, aussi. C'était beaucoup plus impressionnant que ce à quoi je m'attendais. Ils présentent en détails les traces qui ont menées à l'Holocauste, avec des archives incroyables et tout plein de documentations et de vidéos. J'y ai vu la première édition originale de Mein Kampf d'Hitler, qu'un soldat était venu récolter en prison d'où le livre avait été écrit, pour l'apporter à son régiment et encourager les troupes. Encourager! Je sais, c'est fou. Il y avait là aussi des objets divers ayant une petite histoire à raconter, à propos de gens déportés, d'un cadeau fabriqué et offert en camp de concentration, etc. Humm, là, je n'ai pas pensé à vous l'écrire, c'est vrai, mais j'ai suggéré la visite du Centre à quelques personnes. Ensuite? POURQUOI, mais pourquoi? N'ai-je rien écrit quand Barack Obama a été élu? Je suis resté hyptnotisée par RDI toute la soirée parce que ça m'intéressait tellement de voir se colorer en bleu les états sur la carte des États-Unis. Je suis même restée debout jusqu'à une heure du matin passée pour l'entendre donner son discours. Discours que j'ai, soit dit en passant, partiellement manqué à cause d'un problème Ô bien synchronisé de ma connexion internet. Oui, j'écoute la télé sur internet. Je n'ai aucun poste de télévision, juste un lecteur dvd. Je n'ai rien écrit, même si j'ai pratiquement pleuré d'émotion en réalisant l'importance historique de l'élection du 44e président des États-Unis d'Amérique. Eh! bien.

Maintenant, l'événement le plus récent auquel je peux faire référence pour meubler un billet de blog est que j'ai trouvé un stage pour janvier prochain. (Je suis super contente!) Après avoir dû procéder à un choix difficile entre deux professeurs qui voulaient bien de moi pendant 45 heures à la session prochaine, j'ai finalement décidé de faire mon stage au cégep Marie-Victorin. L'enseignant avec qui je vais travailler est vraiment gentil et très ouvert: il a regardé mon plan de cours du cours de français parfait, que j'avais apporté avec moi, et il a aimé les romans qui étaient à lire. Il en a même sélectionné deux qu'il aimerait faire lire à ses étudiants et que je pourrais présenter. Lesquels? Ignorez-vous quel est mon roman préféré? L'Aveuglement!!! (Ne vous fiez pas à la nouvelle couverture des éditions Points, avec l'image du film. Ce roman peut changer votre vie!) L'autre ouvrage, rien de moins glorieux que le précédent: la bande dessinée Maus, de Art Spiegelman! Il ne faut surtout pas sous-estimer cette b.d., qui est la seule bande dessinée à ce jour à avoir récolté le prix Pulitzer de littérature. Bref, ça va être tellement stimulant! Et je vais pouvoir donner au moins trois ou quatre cours toute seule. D'ici là, ma prochaine simulation de cours de une heure sera sur la littérature surréaliste. J'ai bien l'intention de leur faire créer un cadavre exquis, pour les introduire au sujet. Jeu ludique qui tire son nom de la première phrase du genre qui fut créée par les surréalistes, qui était "Le cadavre exquis boira le vin nouveau".

Je lis et je découvre toutes sortes de livres pour la jeunesse depuis que je suis chez Monet. Vous devriez voir les albums qui existent! J'ai même l'intention d'en offrir à ma mère pour lui faire du bien. Pour ma nièce de quatre ans, oubliez ça! J'ai tellement d'idées que j'essaie de sélectionner les livres que je vais lui acheter pour Noël sans me ruiner. Allez jeter un oeil à La princesse au petit poids, ou encore à Il y a des chats dans ce livre, ou encore, à mon préféré, De la petite taupe qui voulait savoir qui lui avait fait sur la tête. À mourir de rire!

Sinon, voilà ce qui en est dans mon quotidien. Je n'écris quasiment plus, c'est dommage. J'ai même ralentis ces tentatives d'être un jour publiée par la revue littéraire Biscuit Chinois (mon rêve à court terme, si on peut dire), alors que le prochain thème est tellement cool: "une moustache vaut mille mots". Comment laisser passer un thème pareil?! Ne vous inquiétez pas pour moi, ce n'est qu'une phase à passer avant d'exploser de créativité. Ce sera au printemps, peut-être...

mercredi 15 octobre 2008

Pas de nouvel ami, et du boulot.

Contrairement à cette fois-là, je ne vous ferai pas de billet sur mon nouvel ami Stéphane Dion, qui est le député élu de ma circonscription (St-Laurent-Cartierville). Eh oui, j'ai perdu mes élections. Moi, j'ai voté pour Jerome Rodrigues. Ça ne me gêne pas de le dire (ou de l'écrire!), puisque ma décision était mûrement réfléchie et que je suis fière de mon vote. Je n'ai pas voté pour M. Rodrigues parce qu'il ressemblait à cet acteur que je trouve trop drôle, Harish Patel. Il jouait dans Run fat boy run. Non, je ne me suis rendue compte de la ressemblance qu'après être allée voter, je le jure. Sinon, j'aurais encore plus voulu voter pour lui, qu'est-ce que vous croyez! :P Non, j'ai manqué mes élections, et l'image que j'ai vue ce matin sur le site de msn.ca me donnait vraiment envie de me cacher quelques jours pour ne pas voir de journaux sur mon chemin. C'est horrible! Sait-il que s'il coupe dans la culture comme il le projette, il n'y aura pas d'artistes pour couper les petits bouts de papiers qu'il ressoit sur sa tête parce qu'il a gagné?!? ;)


Ça, c'était le premier sujet que je voulais aborder. Pas d'ami, j'suis pas amie avec Stéphane Dion, mon nouveau député si charismatique, bien que je sois allée vérifier sur internet où se trouve son bureau de député. Mais bon, c'est bon à savoir, si jamais je veux aller dans une manif devant son bureau... ça pourrait arriver!


Sinon, peut-être êtes-vous intéressés à savoir ce qui m'arrive dans ma carrière de libraire? (En fait, Maude devrait être intéressée!) Eh bien, vous ne le savez peut-être pas encore, je ne travaille plus chez Archambault depuis quelques semaines. Je suis maintenant libraire jeunesse chez Monet. (Je vous met le site, mais ma photo est pas encore là.) Je n'ai même pas pu finir Les intermittences de la mort, le dernier Saramago. Plus de motivation à le finir (je suis tellement ingrate envers mon auteur-culte, je ne suis pas encore allée voir L'Aveuglement au cinéma!!!). Non, en fait je me retrouve à travailler avec des mordues de littérature jeunesse qui lisent même les romans et les albums pour pouvoir mieux les conseiller. Et ça marche! Entre moi qui dit des trucs comme « les images sont belles » et « c'est un bon vendeur, je pense que tu devrais aimer ça » et elles qui racontent les histoires avec passion, c'est certain que les clients préfèrent leurs suggestions aux miennes. J'ai donc commencé à en lire quelques uns. En général, ça prends une journée pour lire un roman pour ados, une demie heure pour les albums, souvent moins. J'ai donc découvert Amour, toujours, de Béatrice Masini. J'ai beaucoup aimé. Ça commence avec une lettre anonyme, qui a été déposée dans le sac à dos d'Hugo, 15 ans. La lettre est belle, elle lui dit qu'il est beau et mystérieux, qu'une fille l'aime bien, mais qu'il doit la trouver. Elle pourrait être n'importe qui, il ne la découvrira pas tout de suite. Pour lui répondre, il doit mettre ses messages derrière le tableau noir. Ce qu'il fait pendant des mois, recevant toujours une réponse dans son sac. Les deux correspondants se confient, racontent des choses qu'ils ne disent pas souvent. Apprennent à se connaître. Jusqu'à ce qu'Hugo découvre qui est sa correspondante. Je ne vous enlève pas un gros punch en vous disant qu'ils deviennent amoureux également, et qu'au terme de leurs lettres ils sortiront ensemble. Moi, après, j'ai écrit un petit mot à Jonathan, j'en ai eu envie. Même si j'ai presque dix ans de plus qu'eux, il ne doit pas y avoir d'âge pour écrire des belles choses à son amoureux. J'attends qu'il me réponde un petit quelque chose. (Clin d'oeil à Jo! :P)
J'ai aussi lu deux autres petits romans, mais ils ne m'ont pas autant plu. J'ai tout de même compris que les romans jeunesses pouvaient cacher de véritables petits trésors. Une des filles passionnées projette de faire sa thèse de doctorat sur la littérature jeunesse, c'est pas rien. C'est drôle par contre, je suis toujours tentée d'aller bouquiner dans la section des bandes dessinées. Je crois que j'aurais préférée être engagée comme libraire de bd, mais je ne crois pas qu'ils en ont besoin. Mais du moins, je sais que mes discussions avec les gars de cette section ont su prouver que je m'y connaissait un peu. Une fois aussi, j'ai voulu accompagner une vieille dame dans la section adultes pour lui suggérer de bons romans. Je n'ai eu le temps que de lui présenter le nouveau Yasmina Khadra, que le libraire adulte était déjà en train de me signifier du regard que je devais le laisser faire et retourner dans ma section. Soupir.

Humm, y a-t-il autre chose à dire? J'apprends à devenir une prof de français, ça je crois que vous étiez au courant. Présentement je travaille sur un plan de cours que je dois remettre comme premier travail la semaine prochaine dans mon cours du lundi. Je dois aussi préparer mon oral pour un autre cours: je vais devoir faire comme si je donnais un cours de français pendant une heure, en devant donner de la matière, puis en faisant faire une activité aux étudiants pour vérifier s'ils ont compris. Je ne sais toujours pas sur quoi je vais donner ce cours. Science-fiction? Un cours sur les figures d'analyse? J'ai ressorti d'une boîte tous mes cahiers de notes du bac en études littéraires, je trouverai bien des idées là-dedans. Sinon, suggérez! ;)
Je vous laisse, allez jouer dehors un peu! ;)

vendredi 26 septembre 2008

Une mise à jour et une reprise

Je me dois de faire revivre ma capacité d'écrire. Vous êtes-vous découragés, chers lecteurs, de ne plus voir de nouveaux textes sur mon blog depuis des mois? Allez-vous revenir, si je m'efforce de vous pondre de petits bijous de temps en temps? Je l'espère, car sinon je ne mérite que de m'acheter un journal intime...
Alors, côté littéraire, j'ai un certain bagage à vous suggérer, ayant eu tout le loisir de lire pendant l'été. Il y a de ces livres qu'on vous suggère chaleureusement, que vous abordez avec enthousiasme, mais dont vous n'arrivez qu'à grande peine à lire un chapitre, peut-être deux. J'ai malheureusement rencontré quelques livres du genre cet été. J'ai décidé de ne pas forcer, je reprendrai plus tard les Sur la route, Par une nuit d'hiver un voyageur, Le pavillon d'or, Révolte consommée. Le dernier titre en particulier me semblait très intéressant, mais je me suis très vite lassée, sans toutefois que la faute en revienne à la qualité du livre... ce ne devait pas être un bon timing. J'avais besoin d'un roman qui me surprenne. Alors voilà: cet été, j'ai découvert, entre autres, Jonathan Safran Foer, avec Extrêmement fort et incroyablement près; deux Saramago (La lucidité et Les intermittences de la mort); ainsi que l'excellent nouveau roman de Yasmina Khadra, Ce que le jour doit à la nuit. Je me suis également récemment procuré le nouveau roman de Ying Chen, que je n'ai toutefois pas encore commencé.
Avec mon amoureux, nous nous sommes mis à l'aise dans notre chez-nous. Nous avons tout repeint, acheté des lampes IKEA, démoli des murs... pour maintenant nous retrouver dans l'appartement merveilleux dans lequel on est toujours bien. C'est la maison du bonheur! :P
J'ai également beaucoup bougé, côté occupations: j'avais deux jobs, j'ai démissionné des deux, pour me retrouver exclusivement dans une toute nouvelle librairie, avec le titre de libraire jeunesse, à cinq minutes de la maison. Je ne fais pas de maîtrise en littérature, étant dans l'obligation de reporter l'entreprise à septembre prochain à cause de mes notes. Je fais donc un programme court en pédagogie, histoire de rendre l'année d'attente profitable. Cela se révèle être un programme extrêmement exigent, mais très intéressant et aussi qui me sera très utile: j'aurai un stage à l'hiver, pour donner un cours de français dans un cégep. J'ai très bon espoir d'arriver à mon objectif de devenir prof. de français au collégial se réaliser avant les temps espérés.
Sinon, j'apprends aussi plein de choses intéressantes en écoutant un chum tout frétillant de nouvelles connaissances me raconter ce qu'il apprend dans ses cours. Il commence tout juste un bac. en communication, politique et société à l'UQÀM. C'est très intéressant de l'écouter me raconter des trucs sur la politique, d'autant plus que je ne suis plus certaine de savoir pour qui j'ai envie de voter, le 14 octobre prochain. Nous sommes maintenant abonnés au Devoir et à L'Actualité, journaux que je ne lisais pas avant, mais qui se révèlent très stimulants intellectuellement, qui me donnent le goût de m'informer sur des trucs plus pertinants et moins sensationnalistes que ce à quoi j'étais habituée en lisant le journal Métro.
Jusque là, vous avez eu droit à une mise à jour qui vous aidera à suivre et à reprendre le court des lectures de mon blog. ;)
De mon côté, je compte bien tenter d'être plus ponctuelle à l'avenir. Une fois par semaine serait une bonne habitude à prendre, en matière de rendez-vous rédacteur. Je vous tiendrai au courant!
Amusez-vous! Y a d'la joie!!!

vendredi 8 août 2008

vendredi 4 juillet 2008

Je vous mets au courant!


L'aventure

C'est l'été et j'en profite du mieux que je peux, tout en jonglant entre mes deux emplois et l'envie de m'installer le plus rapidement possible avec Belle Face. La semaine avant de déménager, du 15 au 21 juin, nous sommes partis à l'aventure. Deux jours à New York, deux autres à Virginia Beach, puis une à Washington sur le retour. Partis en voiture, patins à roulettes dans le coffre, budget zéro et le goût de vivre. Ô combien d'histoires nous avons récoltées, tant que je ne me rappelle même plus en détails les premières journées. Nous dormions dans la voiture, sauf à Virginia Beach où nous avions l'hôtel avec vue sur la mer, une merveille même pas chère. Notre voiture, un vieux truc avec la rouille camouflée par de la peinture pour tromper les policiers américains, s'est vue remorquée parce qu'elle n'avait pas le droit de demeurer plus d'une heure dans le stationnement d'un McDonald's, arrêtée pour excès de vitesse due à une maudite bonne chanson, mais relâchée grâce à nos beaux yeux innocents et notre mauvais accent. Nous avons visité les métros de New York et de Washington, et nous pourrions classer celui de Washington bien en haut de la hiérarchie des sous-terrains, New York peut-être ex aequo avec le notre, mais en plus bruyant. Les américains sont encore plus paranos que je ne l'aurais cru. Interdit de prendre des photos dans le métro, encore moins dans la station Pentagon de Washington, pour empêcher les terroristes de faire des plans. Interdit aussi de s'arroser lorsqu'on fait une pause au mémorial de la Deuxième Guerre Mondiale, car c'est irrespectueux, semble-t-il. Toute une aventure!

L'appart

Oh que oui! L'endroit parfait, du genre où on a toujours hâte de revenir. Le déménagement ne fut pas de tout repos, la folle qui s'en allait ne nous laissant aucune chance d'emménager, nous forçant même à finalement faire appel à la police après quatre heures d'attente sur le trottoir devant la maison sans qu'elle veuille nous laisser une pièce pour commencer à entrer nos choses. Bon, étant donné que maintenant, elle habite au bout de notre rue, elle s'est calmée et regarde ailleurs lorsqu'elle passe devant la maison.
Vous devriez voir notre chez-nous: le genre d'appart qui donne toujours hâte de retourner chez soi après le travail. Même ces jours-ci, avec la chaleur, on y est très confortable: un recouvrement du mur extérieur par des vignes protège de la chaleur intense, et on laisse un courant d'air en ouvrant les fenêtres d'un bout à l'autre de l'appartement. Il ne reste plus de boîtes à défaire, seulement la peinture et la déco, qui viennent en dernier étant donné que nous n'avons pas eu accès à l'appartement avant d'emménager.
On est bien, on est heureux. (On n'a même plus à se soucier de la présence possible d'une coloc le matin et se promener pratiquement nus... le bonheur!)

La job

C'est rushant: j'ai deux jobs. Libraire et employée à la galerie d'exposition DHC/ART. Stimulants, deux jobs que j'aime, mais mélangeant et fatiguant. Certains matins, je sais juste plus où je suis supposée me rendre. Côté positif: je vais pouvoir rentrer dans mon argent cet été. Côté négatif: c'est difficile de s'adapter aux horaires de mes proches qui me proposent des activités agréables et estivales. De plus, c'est la fête de plein de monde l'été! (C'est aussi la fête de mon amoureux...)
En parlant de DHC/ART, d'ailleurs, je vous conseille fortement d'aller y faire un tour cet été. La nouvelle expo, celle de Sophie Calle, est absolument extraordinaire et peut plaire à énormément de gens. Allez faire un tour sur le site internet pour en savoir plus. Ah! Et c'est un organisme à but non lucratif, la visite de l'expo est gratuite. Un plus...!
Terminer la section job, je ne vais mener cette vie de fous que pour l'été, dès l'automne, j'ai l'intention de me concentrer sur mes cours et de ne pas trop me fatiguer au travail, faudra que je trouve une solution. Enfin, on a le temps d'y penser.

Un extra

Je vous invite avec beaucoup d'enthousiasme à découvrir ce nouveau blog, appelé Ailleurs qu'en Espagne, et dont la Belle Face d'auteur écrit, ma foi, vraiment très bien. Honnêtement, il est vrai qu'on pourrait m'accuser d'avoir un parti prit pour son auteur absolument magnifique, mais je vous le vends en vous avouant avoir été charmée au-delà de mes attentes en lisant ses deux premiers textes. Il a un style unique, ce qu'il écrit ne copie rien de ce qui est connu. Vous apprécierez. La Belle Face, qui entrera dans un bac en communication, politique et société en septembre à l'UQÀM, aura certainement de belles surprise encore pour les lecteurs. Ses sujets peuvent être vastes et très intéressants, et s'il arrive à écrire tous ses billets avec autant de talent, ce sera génial. Bref, un nouvel auteur qui vous surprendra, allez voir.
...moi je l'aime. :D

samedi 31 mai 2008

Les Schtroumpfs, deuxième partie.

Pour ceux qui ont aimé le travail sur Les Schtroumpfs, je vous offre la deuxième partie qui vous avait été promise.

Figures «Schtroumpfs» confirmant le genre

Les figures du Grand Schtroumpf et de la Schtroumpfette en particulier sont essentielles à la définition du genre utopique. D’abord, le Grand Schtroumpf représente sans contredits la présence redondante du Législateur, qu’on retrouve autant dans les utopies que dans les contre-utopies. On se souviendra par exemple du Bienfaiteur chez Zamiatine, ainsi que du Big Brother de Orwell. Il correspond entièrement à la figure patriarcale servant de guide social au sein de la communauté. Il s’agit de la seule identité supérieure à la hiérarchie égalitaire des autres habitants du village. Lors de la découverte de toutes les utopies par le narrateur, apparaît à un moment «le personnage du «sage vieillard», à la fois guide et initiateur, qui fait pénétrer au néophyte les mystères du monde utopique.»[1] On a déjà pu voir cette rencontre grâce à la planche illustrée plus haut, mais on s’intéressera également à la suivante, provenant du même album, illustrant le statut de «vieux sage» appartenant au Grand Schtroumpf. Cette clarification quant au statut supérieur de ce dernier est instaurée dès le premier contact du public avec celui-ci, l’album «La flûte à six schtroumpfs» étant la première apparition des Schtroumpfs.
[1] Micheline Hugues, Op.cit., page 35




On apprend donc l’âge extrêmement avancé du Grand Schtroumpf, 542 ans, soit cinq fois plus âgé que les autres Schtroumpfs, qui ont une centaine d’années. Étant sage, le Législateur «fera de bonnes lois»[1]. Le Grand Schtroumpf, en effet, saura toujours faire une bonne gérance des règles à suivre afin de garder l’harmonie de ses Schtroumpfs.
[1] Raymond Trousson, Op.cit., page 17



Autre figure qui incite à de nombreux questionnements et qui nécessite absolument qu’on s’arrête à son analyse, la Schtroumpfette est la seule femme parmi les Schtroumpfs. Créée par le sorcier Gargamel, elle sert, à l’origine, à créer la zizanie parmi les Schtroumpfs, qui évoluent dans une société exclusivement masculine. En effet, seule femme, elle n’a pas raison d’être parmi les Schtroumpfs, dont elle détourne tour à tour chacun d’eux de leurs tâches quotidiennes. Stéréotypée au maximum, elle est d’abord créée brune et mauvaise, ne ressemblant pas à l’image blonde et agréable qu’on connaît, lègue d’une intervention magique du Grand Schtroumpf. Gargamel la fabrique à base d’argile, et d’une recette comportant les composantes suivantes : coquetterie, parti pris, larmes de crocodile, cervelle de linotte, langue de vipère, rouerie, colère, mensonge, gourmandise, mauvaise foi, inconscience, orgueil, envie, sensibilité, sottise, ruse, obstination, etc. Puis, il lui donne vie en usant d’une formule magique.

Toutes ces «qualités» composant la Schtroumpfette ne peuvent pas la rendre compatible avec la communauté des Schtroumpfs. Elle ne sera d’aucune utilité sociale : elle ne travaille pas, cueille des fleurs et usera de son charme face aux Schtroumpfs.

Certaines sociétés, comme c’est le cas dans Les Schtroumpfs, restent hiérarchisées sur le mode patriarcal. Ce sera récurrent dans le genre utopique. «Dans la société, certains sont investis du rôle paternel : le souverain, le seigneur, les magistrats […], les autres du rôle des enfants, les femmes, le peuple. Aucune contradiction avec le principe de l’égalité»[1] Les personnages qui apparaîtront assez rapidement dans les aventures des Schtroumpfs tels que la Schtroumpfette, le bébé Schtroumpf ou encore les P’tits Schtroumpfs, ne sont que des personnages qui se retrouvent sous la charge de tous les autres Schtroumpfs, un peu comme les enfants de la communauté. D’ailleurs, on ne connaît aucune utopie où la reproduction est encouragée, ni même le rapprochement sexuel entre un homme et une femme. Dans les utopies contemporaines, par exemple Le meilleur des mondes d’Aldous Huxley, on conditionne les membres de la société à repousser avec horreur tout ce qui a trait à la famille. On reproduit les êtres humains en laboratoire, selon un principe de contrôle génétique et de clonage. Il en va de même avec le bébé Schtroumpf; personne ne l’a conçu, ce dernier ayant été apporté aux Schtroumpfs par une cigogne en laissant obscures ses réelles origines. Il est le bébé de toute la communauté, naturellement pris en charge par la Schtroumpfette qui a, par le fait même, probablement trouvé sa façon d’être utile aux Schtroumpfs.
[1] Micheline Hugues, Op.cit., page 51

D’ailleurs, on ne connaît pas d’utopies où les femmes tiennent un rôle important, la seule exception étant celle des Amazones, femmes-guerrières détestant les hommes. Cependant, ces femmes ne possèdent aucune féminité, allant jusqu’à se faire couper leur sein droit pour pouvoir mieux tirer de l’arc. Pour assurer la perpétuation de leur civilisation, elles s'unissent une fois par an avec les hommes des peuplades voisines dont elles choisissent les plus beaux. Si, par malheur, elles mettent au monde un mâle, elles le tuent, ou le rendent aveugle ou boiteux afin d’en faire leur serviteur. Une autre version possible veut qu’elles rendent tout simplement les bébés mâles aux hommes avec lesquels elles ont enfantés, leur société étant strictement matriarcale. Source de discorde et de jalousie, n’étant utile qu’à bavarder avec les Schtroumpfs, la figure de la Schtroumpfette prouve indéniablement que l’utopie est basée sur une structure masculine. Les figures qui composent Les Schtroumpfs, en particulier le Grand Schtroumpf, législateur et patriarche de la communauté, et la Schtroumpfette, représentante du rôle des femmes au sein des sociétés utopiques, contribuent et sont essentiels à l’établissement du genre utopique.

L’humanité en question

Après avoir observé les structures composant l’univers des Schtroumpfs, il est absolument essentiel de s’arrêter sur le contexte social de création de l’utopie. Sachant que, selon Paul Ricœur, l’idéologie et l’utopie sont deux expressions de l’imaginaire social qui ne vont pas l’un sans l’autre, Les Schtroumpfs risquent de refléter plusieurs éléments propres aux années 1960. «Nous ne prenons possession, semble-t-il, du pouvoir créateur de l’imagination que dans un rapport critique avec ces deux figures de la conscience fausse. […]L’idéologie et l’utopie sont [donc] complémentaires.»[1] La société suggérée dans l’univers des Schtroumpfs agit en effet en tant qu’idéologie utopique appropriée à l’époque et à la société du créateur, Pierre Culliford. « La création d’une utopie – c'est-à-dire d’un monde tel qu’il devrait être – trahit un sentiment d’échec dans l’adaptation au monde tel qu’il est. L’utopiste se sent mal à l’aise dans la société de son temps, dont il condamne les tares. »[2] Les années 1960, époque à laquelle Peyo dessine Les Schtroumpfs en Belgique, connaîtront la seconde guerre du Viêt Nam (1957-1975), la volonté croissante de bâtir l’unité européenne, ainsi que les protestations grandissantes contre la mauvaise répartition des richesses qui conduira jusqu’aux événements mondialement connus de mai 1968. Une frustration sociale règne particulièrement en Europe, mais aussi en Amérique, où plusieurs mouvements vers la paix et la définition de l’identité auront lieux, dont la révolution cubaine et, au Québec, la Révolution Tranquille.
[1] Paul Ricœur, «Idéologie et utopie : deux expressions de l’imaginaire social», dans Du texte à l’action. Essais d’herméneutiques II, collection «L’ordre philosophique», Paris : Éditions Seuil, 1985, page 391
[2] Raymond Trousson, Op.cit., page 13.

L’Union européenne est née le 7 février 1992, mais «l’idée de bâtir l’unité européenne remonte à loin.»[1] C'est une construction d'un nouveau type, sans précédent historique, entre des États différents, mais appartenant au même continent. Une idée d’égalité pratiquement utopique, il faut le dire. Dans les années 1960 qui voient naître les aventures des Schtroumpfs, on est à une époque où les « hippies » rejettent l’aliénation par le travail. En France, la révolte de mai 1968 proteste contre le type de société économique d’après les Trente Glorieuses. On réclame une meilleure répartition des richesses et donc, de meilleurs revenus, pour toutes les classes de la société. D’ailleurs, on voudrait une égalité entre tous. On voit grand, on est attiré par le communisme.
[1] Roger-Michel Allemand ; L’utopie, Paris : Éditions Ellipses, 2005, page 198

L’utopie se montre donc totalitaire et humaniste à la fois. Totalitaire, non pas dans l’actuel sens politique du terme, mais dans celui d’une aspiration à la synthèse, à l’harmonie : elle se veut une structure selon la définition de Hjelmslev, une entité autonome de dépendances internes. Humaniste aussi, malgré son caractère oppressif et contraignant, dans la mesure où l’utopie se veut création humaine, réalisée sans appel à une transcendance. L’utopiste témoigne d’un indéniable optimisme anthropologique, qui met l’homme au centre du monde et le fait maître de son destin.[1]
[1] Raymond Trousson, Op.cit., page 19

Nous pouvons donc constater, soutenue par les idées de Raymond Trousson, la relation entre les deux phénomènes fondamentaux d’idéologie et d’utopie, face aux attentes communes tournées vers le futur. Comme l’explique également Paul Ricœur lorsqu’il fait le rapprochement entre ces deux concepts, «par l’idéologie, […] le groupe croit à sa propre identité»[1]. Peyo, en créant une utopie imagée, met littéralement en question l’idéologie générale. C’est également la théorie de Theodor Adorno, prétendant que l’utopie dépend directement de la réalité sociale, tout en étant une version négative de cette même société. Tout comme l’idéologie a pour principe de créer une image renversée de la réalité, selon Ricœur.
[1] Paul Ricœur, Op.cit., page 388

Il est évident que dans ce cas précis, l’utopie fonctionne grâce à certaines métaphores, Peyo ne souhaitant évidemment pas un monde où l’on vivrait dans des maisons faites de champignons en allant cueillir de la salsepareille tous ensembles. Par contre, l’interprétation vers une société où ne règneraient plus de différences majeures entre les classes, où le travail serait fait en commun pour le bienfait de la société, et où une seule tête dirigeante organiserait les lois, est beaucoup plus plausible. C’est en effet le portrait de ce que réalisera Fidel Castro à Cuba, mais qui à la base semblait tellement plus humain.

Conclusion


Il y aurait encore énormément de choses à dire en lien avec le questionnement initial, afin de démontrer que l’utopie présentée dans Les Schtroumpfs sert la cause idéologique qui régissait la réalité des années 1960. Nous avons su démontrer les composantes utopiques principales, soient l’égalité au sein de la société, les Schtroumpfs étant tous identiques et égaux hiérarchiquement; le principe du non-lieu du village Schtroumpf, celui-ci étant impossible à découvrir par les hommes; puis les figures dominantes qui sont fidèles à la tradition utopique littéraire, le Grand Schtroumpf agissant en tant que figue de législateur, de vieux sage ayant toujours réponse à tout et mettant de l’ordre dans sa communauté; la Schtroumpfette étant l’illustration de la non utilité féminine dans le travail et l’organisation que nécessite l’utopie, autrement que pour s’occuper des enfants. Enfin, un rapprochement idéologique de cette utopie à la société de l’époque de Peyo pût être fait, illustrant le mouvement des années 1960 vers un principe d’égalité et de paix entre les différentes communautés et classes sociales.


Nous aurions pu aller plus loin en analysant les ressources iconiques composant la bande dessinée Les Schtroumpfs. Pensez que des détails tels que le chromatisme, l’aspect du scriptural, l’organisation des cases, ou encore le style de lignes utilisées peuvent avoir des significations importantes sur ce qu’a voulu signifier Peyo au sujet des émotions ou idéaux véhiculés par ses dessins.


Constatant la popularité à laquelle ont eut droit les albums, puis l’adaptation en dessins animés, il nous apparaît clair qu’un message original et humoristique arrive à rejoindre une plus grande affluence. Il faut cependant avouer que ce sont ces qualités qui masqueront parfois l’objectif principal du créateur, soit d’exposer une idéologie par l’utopie, au profit d’un simple loisir de second plan. La petite fille aura attendu presque vingt ans avant de découvrir ce que cachaient ses dessins animés favoris…

samedi 24 mai 2008

mon bonheur il est grand

Je me suis sentie redevable à cette page blanche, je me devais de la dompter un peu… depuis le temps. Alors me revoilà, toujours aussi souriante, avec des petits soucis et des grandes joies.

J’aimerais faire passer le mot… le sourire, le rayon de soleil, le tout ce que vous voudrez. Le bonheur est si près, si près, et si fragile en même temps. Je l’ai attrapé pour de bon, je crois bien, en faisant un tour du côté de l’improbable. Le mien, il était sur internet. Il est dans mes bras, dans mon lit, bientôt dans ma maison. Mon bonheur, il est si grand que je n’en crois pas mon cœur. Il a un de ses sourires qui me picote dans le ventre et que je voudrais prendre en photo toutes les fois où je le croise au passage. Je le souhaite mien pour la vie entière, si cela peut encore être possible aujourd’hui. Je le voudrais à mes côtés pour toutes les aventures de la vie.

Un mois exactement. (Nous aurons notre chez-nous.)

Qu’est-ce que sera un échec, dans tout cela? Les doutes qui m’habitent n’ont pas lieu d’être. Le doute, très présent, du parcours scolaire différent de ce que j’avais prévu. Plus long. J’angoisse. Pourquoi, après tout? Ce n’est pas si grave, cela ne signifie pas un échec total, seulement un retard. Et j’ai le bonheur dans ma vie, alors pourquoi m’en faire? Il m’épaulera. Il sera là. Je serai aussi là pour lui.