jeudi 15 mai 2008

Les Schtroumpfs : une idéologie dessinée…

Vous l'attendiez depuis longtemps, je vous présente une version écourtée de mon travail (de 15 pages) sur Les Shtroumpfs, remis dans le cadre du cours Imaginaires de l'utopie.
J'ai inclus l'intro et la première partie de développement. Si ça vous intéresse, il me sera bien sûr possible d'éventuellement publier les autres parties. Voilà:

Les Schtroumpfs: une idéologie dessinée...

Pourrait-on imaginer avoir eu sous le nez, toute notre jeunesse, un petit bijou du genre utopique? Alors qu’on regardait innocemment l’écran de la télévision, amusés par un dessin animé où des petits personnages bleus parlaient bizarrement et se sauvaient d’un sorcier qui échouait à tous coups, qui aurait cru que ce monde était complètement construit sur l’histoire des littératures de genre utopique?

Il y a de cela maintenant cinquante ans, le bédéiste Pierre Culliford, alias Peyo, eut l’idée de donner vie aux petits bonhommes bleus qu’on connaît sous le drôle de nom de «Schtroumpfs». Une anecdote veut que ce nom soit simplement attribué à une bifurcation, lorsque le bédéiste voulu demander le sel à son ami Franquin au cours d’un repas, Peyo ayant prononcé «Passe-moi le… schtroumpf!» au lieu de prononcer sel. L’histoire veut qu’ils aient ensuite imaginé un moyen de continuer leur conversation en remplaçant une multitude de mots par schtroumpf, d’où lui serait principalement venue l’idée.

Une grande quantité de ce qui compose cet univers imaginé en 1958 permet d’affirmer que Les Schtroumpfs appartient au genre utopique. Sachant la complexité d’une définition du genre, on peut cependant en nommer certaines composantes, tout en sachant « qu’une œuvre littéraire n’est pas seulement la résultante d’une combinatoire préexistante, mais aussi une transformation de cette combinatoire »[1], on pourrait accepter aisément d’imaginer l’illustration originale de l’utopie grâce à la bande dessinée. Peyo aurait-il donc rassemblés tous les éléments des utopies qui ont marqué l’Histoire de la littérature afin de les réunir en un monde illustrant l’idéologie planant alors sur la société d’après-guerre? Marx, lui-même, dut se servir d’une métaphore pour illustrer ce qu’il entendait par idéologie. Selon sa théorie, l’imagination sert de reflet inversé de la réalité, offrant une démonstration de ce qu’est l’idéologie. En étudiant les composantes sociales des Schtroumpfs, puis les figures importantes, il nous sera possible de mieux comprendre ce que ces éléments peuvent nous indiquer à propos du contexte social qui inspira Peyo au moment où il mit en image sa société utopique.


Une structure sociale égalitaire

D’abord, la structure sociale sur laquelle est bâtie la communauté des Schtroumpfs est construite sur une idéologie utopique. On verra en effet que les Schtroumpfs ont pour principe fondamental l’égalité entre eux. Tout comme les sociétés utopiques déjà connues, cette société se veut égalitaire, sans toutefois être égalitariste. Cela signifie qu’aucune loi hiérarchique ne peut permettre à un Schtroumpf autre que le Grand Schtroumpf d’être supérieur aux autres. Chaque Schtroumpf est égal en tous points aux autres dans le village. Les maisons sont toutes d’égales grandeurs et les biens sont également distribués. Il en est de même des tâches, les Schtroumpfs allant toujours travailler tous ensemble, chacun d’eux tenant part active dans la réalisation d’un projet commun. Non seulement les personnages sont tous égaux, mais le principe d’égalité est à son paroxysme, Peyo les ayant tous créés absolument identiques. En bande dessinée, on parle de l’effet de diffraction pour signifier les phases du mouvement d’un personnage grâce à plusieurs dessins de ce même personnage.

Dans Les Schtroumpfs, les personnages sont tellement tous semblables entre eux qu’il pourrait parfois nous sembler qu’ils représentent tous le même personnage, à des phases différentes de son mouvement. L’exemple illustré provient de l’album « Les Schtroumpfs noirs »[1], dans lequel les Schtroumpfs se voient contaminés d’abord par la piqûre d’un insecte noir, puis par la morsure des Schtroumpfs contaminés, devenus enragés. Peu à peu, tous les Schtroumpfs seront noirs, indice de leur contamination, mais le remède découvert par les recherches du Grand Schtroumpf les sauvera. Ce ne sera que lors du développement de leurs histoires, dans les années 1960, que Peyo leur attribuera peu à peu des différences.


Pour ce qui en est de l’égalitarisme, ce n’est pas la même chose. Ce qui distingue le principe d’égalité de celui d’égalitarisme, c’est que dans le deuxième cas, le droit à la différence n’existe pas. Le droit aux caractéristiques propres à chacun, étant aboli dans l’optique de l’égalité absolue entre les hommes. Il est vrai qu’en observant à quel point les Schtroumpfs sont identiques entre eux, on est tentés de croire qu’il s’agit d’un cas d’égalitarisme et le seul élément qui nous en éloigne est la spécificité de caractère qui apparaîtra au fil des aventures. Les Schtroumpfs, bien que physiquement identiques, possèdent également des qualités qui les distinguent.


Avec le temps, quelques exceptions à la règle de l’égalitarisme feront en sorte que quelques Schtroumpfs auront leur identité et leur fonction propre, se démarquant des autres par certains détails. Outre le Grand Schtroumpf et la Schtroumpfette, sur lesquels nous reviendront, il y aura par exemple le Schtroumpf à lunettes, représentant des intellectuels, se différenciant grâce à une paire de lunettes; le Schtroumpf gourmand, coiffé d’un bonnet de cuisinier établissant du coup sa fonction utilitaire; le Schtroumpf peintre, portant un béret ainsi que tenant en permanence des pinceaux; le Schtroumpf bricoleur, portant une ceinture à outils… Au fur et à mesure que les aventures des Schtroumpfs se développeront, il y aura de nouveaux Schtroumpfs qui se démarqueront également, faisant découvrir au lecteur une nouvelle caractéristique essentielle à toute société. Il y en a aussi qui n’ont aucun indice physique de leur spécificité, mais qui se démarquent par leur humour, comme c’est le cas par exemple du Schtroumpf farceur, ou encore leur paresse, comme le Schtroumpf paresseux.


L’utopie en général présente une société inspirée par le communisme. Les Schtroumpfs rejoint cette idée par une vie communautaire où on comprend l’importance de chaque membre de la société par une fonction attribuée. «Un des modèles communautaires qui hantent l’imaginaire des utopistes, […] c’est celui de la communauté monacale. Comme des moines, les utopiens travaillent, mangent, se divertissent ensemble. […] Le travail dans les champs se fait le plus souvent en équipe. Comme tout ce qui est nécessaire, les vêtements ou la matière pour les confectionner sont fournis par l’État. Ces vêtements sont tous semblables, confortables, solides et de la couleur naturelle des textiles utilisés : le blanc, couleur du lin, du coton ou de la laine, mais aussi de l’innocence.»[2] Le rapprochement avec le genre utopique se fait clairement. Les Schtroumpfs vivent selon une optique où tout doit se faire en communauté, à la manière de moines. Leur travail, strictement manuel, se fait efficacement par le nombre. Comme le prouve la citation précédente de Micheline Hugues, ils vivent d’une façon à être si égaux que même leurs vêtements, leurs maisons, leurs occupations sont absolument identiques.

La conception d’égalité en tant qu’élément essentiel de toute utopie remonte aux mythes de l’Âge d’Or, d’abord et avant tout développés par la Théogonie et par Les travaux et les jours d’Hésiode. Il s’agit du premier âge des hommes, après leur création, la race d’Or. En effet, à cette époque mythique, les hommes vivaient en accord complet avec la nature, qui leur fournissait sans effort tout ce dont ils pouvaient avoir besoin. «La terre leur fournit provende en abondance; dans les montagnes, le chêne, à sa cime, porte des glands, son tronc abrite les abeilles. […] On ne les verra pas prendre la mer : la terre qu’ils labourent porte du fruit.»[3] Chaque homme était alors égal aux autres, aucune hiérarchie ne s’imposait. Jusqu’au passage de Pandore, «la race des hommes vivait sur terre à l’abri des maux, de la pénible fatigue et des maladies douloureuses qui hâtent la vieillesse.»[4] L’utopiste, d’ailleurs, a horreur du secret, qui appartient davantage à l’individualisme qu’au communautaire. «Il rêve d’une transparence où chacun serait un miroir : tous se reflètent et se renvoient mille fois leur propre image heureuse, unanime et sans faille.»[5] Cette conception du monde, harmonieux et libre, s’oppose à la conception hiérarchique qui est présenté par Platon et Aristote dans le mythe de l’Atlantide, ainsi qu’à celle des contre-utopies plus contemporaines, où les émotions sont interdites, un très bon exemple étant 1984 de Georges Orwell.

Un autre élément concernant la structure sociale important à dénoter dans Les Schtroumpfs concerne le non-lieu dans lequel ils vivent, l’emplacement de leur village étant absolument impossible à situer par l’homme. La signification du terme utopie, mis en place par l’humaniste Thomas More en 1529, peut être définit par ou-topos, qui signifierait non-lieu, un lieu qui n’existerait pas. «La caractéristique extérieure la plus évidente et la plus commune de l’utopie est sans doute son insularisme. […] Cet insularisme n’est pas seulement fiction géographique : il répond au besoin de préserver une communauté de la corruption extérieure et d’offrir un monde clos.»[1] L’insularisme est défini comme étant l’art de profiter de la spécificité d’une situation insulaire pour obtenir des avantages, dans ce cas-ci étant la protection par l’isolement des menaces extérieures. Dans ce cas-ci, la principale menace extérieure est représentée par le sorcier malhabile, Gargamel. En effet, nous verrons qu’aucun homme n’est supposé connaître le lieu où se trouve le village des Schtroumpfs, au Pays Maudit. Les fois où Johan et Pirlouit s’y rendront, ce sera guidé par un petit Schtroumpf. On pourra observer plusieurs exemples, déjà même dans les premières apparitions des personnages dans les albums Johan et Pirlouit.


Dans cet exemple tiré de l’album « La flûte à six Schtroumpfs »[1], on comprend que Johan et Pirlouit sont les premiers hommes à accéder au village des Schtroumpfs, le Grand Schtroumpf lui-même étant surprit de leur présence.


La plupart des utopies présentent des lieux dont la localisation reste floue, impossible à déterminer. Ces lieux se retrouvent par le fait même isolés des sociétés connues du lecteur. Que l’on pense en effet à Cyrano de Bergerac, dans Les états et empires de la lune et du soleil, au Nous autres de Zamiatine, ou même au Meilleur des mondes de Aldous Huxley ou à 1984 de Georges Orwell, tous ces cas nous révèlent un monde dont on ne comprend pas comment y accéder. Bergerac imagine une étrange façon pour son personnage de flotter vers la lune et ensuite vers le Nouveau Monde. Peyo imagine également de faire endormir ses personnages, Johan et Pirlouit, par l’enchanteur Homnibus afin de les faire accéder au pays maudit. La société schtroumpf, se voyant donc construite d’une façon égalitaire, autosuffisante, et étant isolée des menaces extérieures et de la corruption en étant située dans un non-lieu, entre sans contradictions dans les normes du genre utopique.


[1] Raymond Trousson, «Préliminaires», dans Voyages aux pays de nulle part. Histoire littéraire de la pensée utopique, Bruxelles : Éditions de l’Université de Bruxelles, 1999, page 23
[1] Peyo ; « Les Schtroumpfs noirs », dans Les Schtroumpfs, tome 1, Belgique : Dupuis, 1960.
[2] Micheline Hugues, L’utopie, Paris : Éditions Armand Colin, 2005, page 57
[3] Hésiode, Les travaux et les jours, Paris : Éditions Arléa, 1998, page 97
[4] Ibid., page 90
[5] Raymond Trousson, Op.cit., page 18
[1] Ibid., page 15

[1] Peyo, «La flûte à six Schtroumpfs», Johan et Pirlouit tome 9, Belgique : Éditions Dupuis, 1960, page 40.


jeudi 8 mai 2008

Utopie en cours...

Définition de l'utopie en cours. Pression très intense, je voudrais tant en faire un véritable bijou. Le travail est à remettre demain, je vous montre un extrait très bientôt. «...Et on schtroumpferaaa!!!» Si vous voulez aller écouter la chanson pour patienter, cliquez sur ce lien:
http://www.youtube.com/watch?v=kewHMRQXc8Y

samedi 3 mai 2008

l'Afrique fictive d'Alain Mabanckou (extrait)

Un travail sur quatre de remis. M'en restent trois, lundi, mercredi et vendredi. Du sport, comme on l'aime, nous, les étudiants. Alors d'ici à ce que je vous serve le texte promis sur Les Schtroumpfs, je vous offre un extrait du travail que j'ai servi au prof d'hstoire de l'Afrique. En fait, il s'agit de mon introduction, histoire de vous introduire. Voilà.

Présentation
Il est de ces livres qui nécessitent que l’on prenne son temps, dont le rythme s’accélère tout à coup, comme c’est souvent le cas dans la vie, et en Afrique. Alain Mabanckou a, dans son roman Les petits-fils nègres de Vercingétorix[1], inventé un pays imaginaire africain, le Viétongo. Ce n’est en effet qu’au bout de 200 pages que les événements se précipitent et se dévoilent au lecteur. Le président Kabouya, élu démocratiquement, a perdu le pouvoir après un coup d’État du général Edou. Vercingétorix, l’opiniâtre chef rebelle du Sud et le ministre déchu après la chute du président Lebou Kabouya, se lance alors dans une entreprise de reconquête avec ses miliciens. La guerre civile se déclare donc entre deux peuples d’un même pays, les Sudistes et les Nordistes. Hortense Iloki est une Nordiste mariée à un Sudiste. Elle devra tenter de fuir avec sa fille la folie guerrière de ceux qui furent ses proches pendant plusieurs années, racontant dans ses carnets les événements de cette guerre et reconstituant son passé par bribes, devenant la narratrice de l’histoire offerte au lecteur. Comme dans toutes guerres civiles, cette haine est incompréhensible, ayant prit des proportions démesurées à la suite d’un événement politique qui ressemble beaucoup à celui qui déclencha une guerre civile au Congo dans les années ’90.

L’auteur, Alain Mabanckou, est d’origine congolaise, venant du Congo-Brazzaville, où il a passé son enfance et commencé ses études. Dans La Presse, l’écrivain Dany Laferrière a écrit au sujet de Mabanckou qu’«un écrivain sait toujours quand il porte en lui quelque chose de plus grand que lui»[2]. Lors de leur rencontre, Mabanckou n’était pas un auteur connu, si l’on peut dire, mais Laferrière a tout de suite su qu’il préparait quelque chose qui n’allait pas passer inaperçu. En effet, son premier roman, Bleu-Blanc-Rouge, paru en 1998, reçut le Grand prix littéraire d’Afrique noire. Puis, son roman Verre Cassé, paru en 2005, fut si bien accueilli par le public qui fut adapté au théâtre et traduit dans une demi-douzaine de langues. Ce livre a reçu la même année le Prix des Cinq continents de la Francophonie, le Prix Ouest-France /Etonnants Voyageurs et le Prix RFO du livre. Sélectionné par le jury du Prix Fémina, Verre Cassé a été finaliste au Prix Renaudot 2005. Mémoires de porc-épic, publié en 2006, a quant à lui mérité le Prix Renaudot 2006, le Prix Aliénor d’Aquitaine 2006 et le Prix de la rentrée littéraire française 2006. De plus, Alain Mabanckou est récipiendaire de la bourse la plus prestigieuse des Humanités de Princeton University (USA) au titre de "Fellow in the Humanities Council and the French and Italian department". Si selon cet auteur, «chaque roman est un idéal»[3], le roman sur lequel je me suis arrêté démontre tout le contraire, dénonçant les nombreux génocides dont fut victime l’Afrique en inventant l’un d’eux.

Pour mon travail, donc, j’ai choisi un extrait important du roman, s’étendant des pages 215 à 219 de mon édition, présentant un discours d’un chef politique Sudiste commandant à ses camarades de tuer les Nordistes, de les scalper et de lui ramener les scalps. Avant et après le discours de Vercingétorix, se trouvent les propos que la narratrice raconte à son journal tout au long du roman, et qui sont nécessaires pour comprendre l’état d’esprit du récit et du message indirectement lancé par Mabanckou. Cet extrait est choquant, mais il nous permettra de découvrir que le Viétongo imaginaire du roman de Mabanckou est calqué sur le Congo-Brazzaville au moment de la guerre civile qui débuta en 1992, en mettant en évidence les éléments qui se superposent. De manière plus large encore, l’auteur expose la ruine que toutes les sociétés africaines ont déjà vécue.
[1] Alain Mabanckou, Les Petits-fils nègres de Vercingétorix, Éd. Le Serpent à plumes, 2002, 263 pages.
[2] Dany Laferrière, «Derrière les livres», dans La Presse, Montréal, dimanche 11 novembre 2007.
[3] http://www.evene.fr/celebre/biographie/alain-mabanckou-17244.php visité le 28 avril 2008

mardi 15 avril 2008

Félicitation!

Oh! Soleil! Joie! Printemps merveilleux!

Que ce passe-t-il chez Carolane en cet étrange début de mois d'Avril?!? Je suis certaine que vous n'attendez que cette réponse depuis des jours... du moins, faites semblant que vous voulez le savoir pour m'appuyer dans ce léger délire.

«Félicitation!»
Un seul mot écrit dans le haut d'une lettre officielle, envoyée par mon université, et une joie indescriptible qui permet de s'enlever un énorme poids enveloppé de stress qui me restait accroché aux épaules depuis quelques semaines maintenant. Votre dévouée auteure de ce blog est acceptée à la maîtrise en études littéraires en septembre prochain!
Non seulement j'suis bien parceque j'suis en amour comme je l'ai encore jamais été dans ma vie, j'ai trouvé l'appart rêvé pour vivre avec lui en juillet prochain, mais en plus je vois la possibilité de réaliser mes objectifs, d'avancer dans ma passion et de probablement devenir une prof de français au cégep d'ici deux années. J'ai comme l'impression que je ne pourrais rien espérer de plus dans la vie pour être heureuse présentement. Il fait tellement soleil dans mon coeur!

La grève est terminée, comme vous le savez probablement tous à présent. Résultat? Pas mal rien, sinon d'avoir manifesté notre mécontentement, et maintenant on est tous dans le rush pour réussir convenablement une fin de session qui se respecte. «Valider les cours», comme disent les profs. Ouais. Je prépare donc des travaux, quatre en fait. Le plus intéressant sera sans contredits celui qui voudra prouver que les Schtroumpfs sont une utopie. Cela vous intéressera-t-il? Je suis disposée à vous mettre cela sur internet si vous voulez. Sinon, vous pouvez aussi avoir droit à un travail sur le Congo, un sur les tsarines russes du XVIIIe siècle, et un sur Pas de lettre pour le colonel de Gabriel Garcia Marquez.

Voilà. Vous excuserez mon absence fréquente sur mon blog, j'ai aussi des études à faire et beaucoup de plaisir à avoir avec mon amoureux. Hihi! ;)

Je vous souhaite un très joyeux printemps à tous!

dimanche 30 mars 2008

manque d'inspiration...

Voilà plusieurs semaines que j'ai eue la bonne idée pour la nouvelle que je veux envoyer au magazine littéraire pop Biscuit Chinois. Je sais ce que je veux, mais je n'arrive pas à l'écrire. Ma tête voudrait, mais mes doigts figent. Mes pensées retournent toujours vers lui, voudraient faire l'école buissonnière alors que j'ai besoin d'elles pour créer. Je veux le faire. Il ne me reste que deux soirs avant la date limite. Je vous offre donc, chers lecteurs, ce que j'ai imaginé jusqu'à maintenant:

Une autre journée qui commence en rupture de stock de lait dans le frigo. Pourquoi est-ce que depuis cinq mois, ma nouvelle coloc se lève toutes les nuits pour boire tout ce qu’il reste de lait sans aucun remord, voyant tous les matins que je m’habille et vais en chercher au dépanneur pour pouvoir savourer ensuite un bol de céréales ou encore une bonne tasse de café? Elle fait toujours cet air de la fille qui n’est pas au courant, qui vit sur une autre planète. Elle regarde le carton de lait vide laissé outrageusement sur le comptoir de la cuisine d’un air détaché, parfois son sourcil droit se soulève comme si elle entrait dans une réflexion profonde autour du principe de nécessité d’avoir du lait le matin pour se lever du bon pied. J’ai appris à vivre de cette façon la majorité de mes matins.

Je mets mon manteau sereinement pour sortir dehors et marcher ce coin de rue qui me sépare du dépanneur. J’ai même le goût de chanter ce matin. Je sors dans la rue et le soleil me fait sourire. Il manquerait juste que des petits oiseaux se mettent à voler autour de moi en sifflotant, comme dans Cendrillon, pour que mon bonheur soit complet.

C’est pas loin, le dépanneur : un coin de rue et j’y suis. Je dis «holà!» au caissier-propriétaire du dépanneur avec qui j’aime bien pratiquer les quelques cinq mots que je connais en espagnol. J’ai toujours l’impression que ça lui fait plaisir, du moins je m’en suis convaincue. Il doit pas être de bien bonne humeur ce matin, parce qu’il ne me répond pas. C’est à peine s’il m’offre un rictus en guise de sourire. Bon, je m’en fous.

En allant chercher mon carton de lait, je décide aussi de passer faire un tour au fond de l’allée vers les trucs que je pourrais tartiner sur mes rôties. J’hésite longtemps entre le chocolat, le caramel, ou encore de la confiture, choix qui me semble le plus santé malgré la quantité incroyable de sucre ajoutée aux fraises. Je passe à la caisse, y dépose mes deux articles, et là – là! – l’espagnol qui jadis me semblait si sympathique me demande de le laisser regarder dans mon sac. Passé trop de temps dans le fond du magasin, semble-t-il. Louche, semble-t-il.

Pardon?! Pas question! Jamais je n’accepterai de me faire traiter de voleuse injustement. Il va se la garder, sa confiture, et puis même la pinte de lait! Ce n’est pas comme si c’était le seul dépanneur où je pouvais aller acheter mes commissions!

Est-ce sain de crier, juste hurler sans que cela soit intelligible, au beau milieu d’un endroit public (lire ici un dépanneur)? Est-ce sain d’ouvrir une pinte de lait pour la vider sur la tête du caissier immigrant peut-être intolérant au lactose sous seul prétexte qu’il nous a traitée de voleuse parce qu’on choisissait ce qu’on voulait acheter comme article complémentaire dans le fond de l’allée? Ou bien encore, est-ce plus sain de vider son sac à l’envers comme une folle sur le comptoir de caisse pour montrer qu’on n’a rien prit, bordel de merde, qu’on a assez d’argent pour acheter du lait et de la confiture sans les mettre dans notre sac – qui, bien que pouvant contenir une épicerie complète, n’est que notre sacoche? Non, bien entendu, rien de tout cela n’est sain. C’est pour cette raison que je me suis contentée, fidèle à moi-même, de lui faire un regard fâché (je suis certaine que ça lui a fait peur), de poser mes articles devant moi et de m’en aller sans rien acheter. Pfff. Incapable d’aucune méchanceté, d’aucune révolte. C’est bien moi, ça.
Dites-moi ce que vous en pensez, j'ai encore un peu de temps devant moi. Sachez aussi que ce n'est pas du tout terminé, ce n'est qu'un extrait. Moi, je retourne faire l'école buissonnière en attendant.

vendredi 28 mars 2008

Ya d'la joie! (j'l'ai tu déjà dis, ça?)

Bien que j'aie l'air vraiment bête aujourd'hui dû à un sommeil vraiment étrange commençant à 6hre du matin et que tout me fasse chier, je réfléchis. Ma bulle est intense et impénétrable... et dire que je m'en vais travailler dans moins d'une heure!

Tout ne va pas toujours comme je le voudrais, c'est certain. Je n'ai pas eu l'emploi d'été que je convoitait depuis... euh depuis l'été passé! J'attends avec angoisse de savoir si je suis acceptée pour la maîtrise en septembre prochain. J'ai perdu 20$ hier soir... volatilisé, envolé pour aucun usage. Je ne l'ai même pas dépensé en bières dans le bar louche où je me trouvais. Au moins, j'ai la satisfaction d'avoir passée une agréable nuit étrange. J'essaie d'écrire, en vain. Je ne sais pas du tout si je vais pouvoir envoyer quelque chose au magazine littéraire Biscuit Chinois d'ici la date du 1er avril. Rien, si ce n'est qu'une amorce de bonne idée qui ne veut pas sortir de ma tête. J'suis pas capable de faire cuire mon tournedos de poitrine de dinde géant, j'l'ai foutu dans le four et j'attends. Toute la musique dans mon ordinateur me semble moche. J'suis pas de bonne humeur aujourd'hui, faut le dire.

Mais je chiale, je me plains de niaiseries diverses parce que la vie ne va pas toujours à 100% bien. Cependant, je veux vous dire, vous criez, vous taper, bref, vous mettre devant la face sur un écran d'ordinateur que ce gars-là fait en sorte que la vie est si belle. J'aime, mais ça donne un sens nouveau à ce terme que je croyais déjà connaître. Quand j'ai pu me lever le matin en voyant sa belle face, il y a un sourire qui m'accompagne toute la journée durant. Je suis constamment émerveillée de le voir agir et penser et parler et être là pour moi. Je n'aurais jamais cru trouver quelqu'un avec qui je me sens aussi bien, avec qui je me sens sur la même longueur d'ondes. J'dois dire que la vie est pleine de surprises, et qu'elle fait bien les choses. C'était le moment parfait pour se rencontrer. Les expériences passées ont fait qu'on est ce qu'on est, et ce qu'on est est parfait pour l'autre.

Je lui ai expliquée ma théorie selon laquelle il y a une autre personne pour chacun de nous, qu'elle se promène sur la planète et qu'on peut même la croiser quelques fois sans le savoir. Sauf qu'à un moment, sa rencontre la fait briller et alors on ne peut plus la perdre de vue, elle est là toujours pour nous, c'est l'amour de notre vie. Une seule personne. On croit aimer avant, mais on ne sait pas, c'est parce qu'on n'a pas croisé cette personne-là. Je crois que je l'ai trouvée, je crois que ça brille dans ma vie grâce à lui et que c'est spécial. Je voudrais qu'il soit toujours à mes côtés.

Bref, aucuns mots ne peuvent exprimer à quel point je t'aime, Jonathan. Tu fais en sorte que ma vie est belle.

dimanche 23 mars 2008

L'auto-dérision rigolote

Je n'aime pas du tout Richard Martineau. Je ne comprends pas qu'on lui donne de la crédibilité, à cet homme qui se faufile parmi les jet-set avec son air sérieux pour ensuite se retourner et écrire des débilités à propos de sujets actuels, ou non, tels que: Arrêtez d'être soumis aux femmes et redevenez des hommes.

Martin Petit, sur son blog, a tenu une opinion à propos du journaliste que j'aimerais reprendre ici en partie. Je vous cite:

«Outre sa fougue et son infatigable soif de vérité, on peut se demander: comment Richard Martineau se distingue de TOUS les chroniqueurs journalistiques québécois?Chez les mousquetaires, Athos, Porthos et Aramis, la botte est un mouvement de l’épée exercé avec tant de précision qu’elle sert d’arme secrète en cas de duel avec un ennemi expérimenté. Pour les escrimeurs de l’époque de D’Artagnan, la botte est une signature de mise à mort, la calligraphie du tueur.

Richard Martineau possède une botte imparable, voici comment il s’en sert pour règler le cas du Dalaï-Lama ce matin:
“Il y a des gens qui idolâtrent le dalaï-lama. Je n’en suis pas. Je trouve ses positions sur la sexualité aussi arriérées que celles du pape, et tout le charabia sur sa réincarnation me laisse aussi froid que cette histoire de jeunes vierges qui attendent lascivement les martyres musulmans sur un nuage.

De même, je ne comprends pas pourquoi ce grand défenseur de la non-violence a appuyé les tests nucléaires indiens en 1998, et accepté un don de 1,2 million de dollars des mains de Shoko Ashara, un dangereux illuminé qui a libéré du gaz sarin dans le métro de Tokyo en 1995.”


Avouez qu’en 2 paragraphes, il ne reste pas grand chose de ce moine, prix nobel de la paix, avocat de la non-violence malgré le viol culturel et territorial que son peuple subit depuis prêt de 60 ans. Amalgamant le bouddhisme tibétain à l’islam des Kamikazes et à la peur du plaisir sexuel catholique, il ne reste pas grand chose du myope moine dépositaire d’un compte conjoint avec un mass-murderer sectaire et grand enthousiaste de tests nucléaires dans ses loisirs. Un peu plus et le Lama crachait du feu!

La botte de Richard Martineau c’est le crime par association. Richard a compris qu’on a tous 6 dégrés de séparation avec n’importe quel tueur, meurtrier bandit, corporation, suffit de relier les points pour dessiner un coupable. Puisque personne n’y échappe, voici mon auto-démolition à la sauce martinicienne:
Je ne suis pas de ceux qui trouvent que Martin Petit est très drôle. Je me demande même comment on peut rire des blagues d’un gars qui vend ses numéros à un festival qui est financé par Loto-Québec alors que des hommes ruinés se suicident à la pelletée dans le stationnement du Casino. Comment rire des blagues d’un gars qui a choisi comme parrain de son fils, un ancien toxicomane bipolaire qui a travaillé jadis en Allemagne, pays responsable de l’extermination de 6 millions de juifs, homosexuels et gitans.

L’humoriste utilise même une voiture qui brûle une ressource, l’or noir, qui est directement reliée aux grandes tentions géopolitiques internationales. Je ne dis pas que rire des blagues de Martin Petit équivaut à tuer des enfants en Afrique mais comme on dit, en tirant les mouches avec des bazookas faut pas s’étonner de décapiter des petits enfants affamés au passage…


Voyez ça marche ! Moi-même je m’écoeure!

Je propose même à tous les blogueurs de s’auto-Martinoïsé sur leur site, une fois que c’est fait vous pouvez mettre le lien vers votre site dans mes commentaires.
Ne vous inquiétez pas, je vous aime tous pareil, même Richard!»

Ici donc, Pour vous, je vais aussi m'auto-Martinoiser, parce que personne ne mérite ce traitement et que je prends cette cause à coeur. (Ok Caro, t'es trop humaniste, là)

Il y a des gens pour trouver que Carolane manque de crédibilité. Cette fille qui tente de faire sa trace dans la communauté en s'impliquant dans diverses actions telles qu'une grève (qui d'ailleurs commence à perdre, elle aussi, toute crédibilité) et des magazines littéraires divers (elle n'a finalement publié que dans la revue L'Artichaut) devrait se faire dire par quelqu'un qu'elle n'a pas ce qu'il faut pour se tailler une place dans la communauté artistique. Je ne suis pas de ceux qui admirent son enthousiaste enfantin ou sa persévérence. Je trouve au contraire qu'elle s'y prend beaucoup trop tard pour se découvrir un talent. Il y a des gens, comme elle, qui devrait s'abstenir d'exprimer une opinion et laisser les habitués s'occuper de l'Art.

Elle se ridiculise en affirmant viser une maîtrise en littérature, cette fille qui a l'air d'avoir 16 ans et qui n'a pas une moyenne de bolée. Elle n'écrit même pas de poèmes et ne s'est pas fait de contacts dans le milieu universitaire. Elle ne ressemble même pas à une artiste et n'est pas au courant de ce qui se passe sur la scène underground. Elle se contente d'avoir un rêve de devenir professeure de français. Au cégep en plus!

J'espère que vous avez su déceler l'ironie ici et que vous savez que par l'auto-dérision, je ne fais que me donner une bonne tape dans le dos et m'encourager. Je crois que je peux réussir, et je crois que la thérapie de l'auto-Martinoiserie devrait être pratiquée par les autres blogueurs, ça fait du bien.

Bon Printemps, tout le monde!